Jeunes Socialistes pour la Rénovation

Dans Le Parisien du 22 juin : "Montebourg veut tourner la page"

Le « jeune lion » est candidat à la présidence du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, pour tirer les leçons des défaites du PS alors même que Ségolène Royal est critiquée pour avoir pris ses distances... avec son propre programme.

Reélu dimanche député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg a annoncé hier sa candidature à la présidence du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Un poste également convoité par le président sortant, Jean-Marc Ayrault, candidat à sa propre succession, et par le jospiniste Jean Glavany. Le dépôt des candidatures sera clos ce midi. Les députés PS voteront lundi.

Quel est le sens de votre candidature ?

Arnaud Montebourg. C'est la leçon de notre défaite. La droite, avec un bilan affligeant, mais par le simple accomplissement de sa propre mutation, a accompli le tour de force, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, de se maintenir au pouvoir. Nous ne pouvons plus, comme en 2002, réagir par le maintien du statu quo, l'immobilisation de notre dispositif, le refus de la moindre remise en question. Je veux faire du groupe le lieu, d'abord de la réconciliation des socialistes, et ensuite du travail en commun sur la création de positions politiques nouvelles, de contre-propositions nouvelles, de manière à édifier peu à peu, pierre après pierre, une alternative constructive pour le pays.

Comment comptez-vous rassembler une majorité de députés PS sur votre nom ?

La dynamique politique que créerait mon élection à la présidence du groupe, le message politique très fort envoyé à l'opinion publique, le fait que nous tournerions ainsi la page d'un passé révolu et que nous retrousserions ensemble nos manches pour dégager des propositions nouvelles, là où la gauche a trop souvent esquivé ou fait silence, ou ne s'est jamais remise de ses contradictions, est de nature à convaincre une majorité de députés socialistes.

Ségolène Royal vous soutient-elle dans cette démarche ?

Elle considère que c'est aux députés, dont elle n'est pas, de fixer librement leur choix. Je l'en ai naturellement informée. Elle ne m'a nullement découragé de le faire.

Quel type de président de groupe seriez-vous ?

Je pense qu'il sera nécessaire d'être à la fois constructifs dans les propositions que nous ferons et très combatifs contre un certain nombre de choix inacceptables du gouvernement.

« Nous n'avons pas mis toutes les chances de notre côté »

Comment jugez-vous la présidence Sarkozy ?

Le président est en train de transformer sous nos yeux la République. Il invente un système ultrapersonnalisé, ultraconcentré et non délibératif. Il voudrait remplacer tous les autres pouvoirs : il a fait disparaître son Premier ministre, il remplace ses propres ministres, peut-être voudra-t-il demain remplacer le Parlement ? Montesquieu écrivait qu'un pays où il n'y a pas de séparation des pouvoirs est un pays où il n'y a point de Constitution...

Les 200 socialistes à l'Assemblée pourront-ils réellement peser sur les choix du gouvernement ?

Ce sera à nous de choisir les points de confrontation et les points de contre-propositions. Nicolas Sarkozy essaie de faire croire qu'il représente à la fois la droite et la gauche. Ce sont les actes de son gouvernement qui, pour nous, compteront. Et sur les actes, nous risquons d'être intransigeants.

Comment rénover le PS ?

Le cadre dans lequel nous avons élaboré nos propositions politiques et tenu nos débats n'est plus adapté. Il faut transformer ce cadre, refonder les positions politiques, travailler avec l'extérieur, tout en nous réorganisant avec d'autres forces politiques, afin de permettre des points de rassemblement très solides. Notre système laisse trop de place aux débats artificiels coupés de la société, et trop de place aux divisions et à la perpétuation des écuries, qui nous neutralisent.

Le résultat des législatives signifie-t-il que la présidentielle pouvait être gagnée ?

Il n'y a pas d'élection gagnée d'avance, mais je constate que nous n'avons pas mis toutes les chances de notre côté. Nous ne pouvons nous en prendre qu'à nous-mêmes.

Ségolène Royal dit qu'elle a défendu des propositions auxquelles elle ne croyait pas. En tant que porte-parole, était-ce aussi votre cas ?

Je peux dire que nous n'étions pas prêts. Et que les sempiternels rituels de congrès, motions de synthèses, déchirures sur le référendum, luttes fratricides entre les écuries ont constitué les conditions d'une incapacité à travailler collectivement, qui nous aura été fatale. Il nous faut maintenant en tirer la leçon.

Propos recueillis par Nathalie Segaunes

.

Vos commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Cet article ne peut faire référence à d'autres publications.

Commenter cet article

*


Pour être sûr... combien font 4 + 5 ? *

Se souvenir de moi


Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Votre commentaire sera affiché en texte brut à l'exception des liens

Créer un blog sur MaBulle. | C.G.U. - Copyright | Signaler un abusContacter l'auteurVisiter le blog parrain http://ps91160.mabulle.comVoir des blogs de la thématique: Actualité, politique et vie associative