Lundi 21 Mai 2007
"Plus utile", notre contribution du CN des 19 et 20 mai 2007
Par jsr, Lundi 21 Mai 2007 à 09:29 GMT+2 dans Contributions MJS

De cette élection qui vient de se tenir, nous retenons avant tout notre défaite. Défaite collective dont nous devrons tirer les leçons, les assumer, sans céder aux regrets. Nous observons également le fort recul de l'extrème droite, dont une partie de l'électorat a été séduite par Nicolas Sarkozy, et celui d'une extrème gauche décrédibilisée par ses divisions, laminée par le vote utile et le caractère parfois protestataire de la candidature de François Bayrou. Cette élection a été également marquée par le fort désir de changement des français, dont témoignent la participation historiquement forte au scrutin, et l'attrait qu'ont pu receuillir des candidatures qui se voulaient nouvelles, prônaient la rupture ou le changement.
A cet égard, Nicolas Sarkozy a réussi un véritable hold-up électoral en se présentant, alors qu'il était ministre depuis 5 ans et président du parti majoritaire, comme le candidat de la rupture. Pour les français, il représentait le changement, et nous avons été incapables de le rendre comptable du bilan de la droite. Une habile campagne de cinq ans, durant laquelle il a imposé ses thèmes et habitué l'opinion publique à son idéologie, lui a permis d'obtenir ce résultat. Nous, socialistes, nous rendons compte alors qu'il ne suffit pas de se présenter comme l'alternance pour incarner le changement. De fait, la famille socialiste n'a pas su tenir, ces cinq dernières années, un discours clair et offensif. Les leçons du 21 avril n'ont jamais été tirées, et nous avons passé cinq années à les fuir en nous rassurant des victoires électorales intermédiaires qui témoignaient surtout du rejet du gouvernement de droite. Fuyant sa nécessaire rénovation, la famille socialiste s'est surtout assurée que rien ne changeait, votant un projet bien tard, et désignant plus tardivement encore sa candidate pour le porter. Cette désignation, si elle fut démocratique, entama la candidature socialiste après un débat interne dur, où certains ne répugnèrent pas aux coups bas.
Ségolène Royal, en quelques mois, a eu le mérite de nous engager sur la voie de cette rénovation. Elle a su, déroutant les hiérarques de nos appareils, mener une campagne ouverte vers les citoyens, via ses débats participatifs, ses comités désirs d'avenir et ségosphère. Elle a su également moderniser le discours socialiste sur des thèmes comme la 6e République, l'environnement, l'Europe, la fiscalité et la nécessaire régulation de l'économie.




