Jeunes Socialistes pour la Rénovation

CULTURE POUR TOUS par Noémie Boullot



« Pas de citoyen sans émancipation des servitudes de l’ignorance, sans commerce avec les œuvres de l’esprit. Pas de citoyen sans culture ».

La politique culturelle, fruit d’un volontarisme politique, est aujourd’hui à réinventer. L’enjeu politique, l’enjeu militant et l’enjeu d’émancipation que représente la culture ont souvent été relégués au second plan, faisant de la culture, le « parent pauvre » de notre société, avec une approche essentiellement technicienne et gestionnaire.

Depuis 5 ans, les actions menées par la droite en matière de politique culturelle se révèlent être un échec. Les crédits alloués aux domaines artistiques et culturels ne cessent de diminuer. Notre patrimoine est en danger et nos intermittents du spectacle en crise.

70% de la population n’est jamais allée au théâtre, plus de 80% n’est jamais allée à l’opéra. Une large majorité de nos concitoyens n’est pas concernée par l’offre culturelle. Pourtant cette offre s’est, à la fois, développée sur l’ensemble du territoire et diversifiée. La diversité culturelle représente un enjeu essentiel dans le défi de l’égalité et de la cohésion sociale. Ainsi, de nouvelles formes de culture telles que les « cultures urbaines » apparaissent et doivent à juste titre être reconnues et valorisées.

La création culturelle constitue une production de richesses. Nous devons nous interroger sur les conditions de sa production et sur son partage, sur la politique de redistribution à mettre en œuvre.

La construction d’une alternative à la logique économique libérale et la démocratisation sont les deux piliers de la réflexion de Ségolène Royal.

L’une de ses priorités est d’axer la politique culturelle sur les jeunes en leur permettant d’accéder aux musées, aux théâtres, aux nouvelles technologies mais aussi en mettant en valeur leur culture.

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CONTRE LE CHOC DES CIVILISATIONS par Guillaume ORIOL

L’Irak brûle. On peut y voir les conséquences de l’ignorance américaine du terrain, ou de l’arrogance d’une grande puissance. Plus profondément pourtant, cette déconvenue est la conséquence directe du concept de « guerre contre le terrorisme » lancée par le président George W. Bush au lendemain du 11 septembre 2004.

Dans ce cadre de pensée, chaque incident en Irak s’ordonne logiquement : les attaques dans le « triangle sunnite » n’est que le fait de nostalgiques de Saddam Hussein ou de terroristes liés à Al Quaida, la résistance de M. Moqtada Al-Sadr, le résultat de l’influence iranienne, l’un des membres désignés de « l’axe du mal »… Comme l’explique naïvement un caporal américain en Irak : « Nous devons tuer les méchants ». Or plus les Etats-Unis tuent de « méchants », plus il en surgit de chaque ruine d’immeuble bombardé, de chaque village soumis à une fouille systématique et humiliante.

On pourrait aussi appréhender le drame irakien autrement et beaucoup plus simplement. Soulagés d’être libérés d’une dictature particulièrement odieuse, et d’en avoir fini avec les sanctions qui durant treize années ont vidé le pays de sa substance, les Irakiens aspirent à une vie meilleure. Aucune des promesses de la reconstruction n’a été tenue : l’électricité n’est pas distribuée convenablement, l’insécurité est toujours présente et la misère s’étend. Les troupes américaines ont donné le coup de grâce à un Etat affaibli par des embargos des plus durs en laissant brûler les ministères et en dispersant l’armée – selon le modèle qu’elles avaient déjà appliqué au Japon en 1945.

Cette aspiration à l’indépendance et à la liberté, les Irakiens la partagent avec d’autres peuples et il n’est pas nécessaire de soumettre le Coran et l’islam à de multiples et savantes exégèses pour la concevoir. Le comportement des Irakiens est tout à fait rationnel et la seule solution envisageable apparaît de plus en plus clairement à travers le retrait des troupes d’occupation et le retour immédiat du pays à la pleine souveraineté.

La manière dont les dirigeants d’une grande puissance comprennent un événement survenu dans une région du monde détermine leurs choix stratégiques et diplomatiques : quels bénéfices en tireront-ils ? Que feront leurs ennemis ? Qui sont leurs alliés ? Durant plusieurs années, la « guerre froide » à servi de paradigme pour expliquer les évolutions planétaires. Chaque changement était assorti de questions sur ce qui serait potentiellement profitable à l’URSS, aux Etats-Unis ? On a pu mesurer les conséquences de cette vision en noir et blanc lors de conflits tels que ceux du Nicaragua et de l’Afghanistan au cours des années 1970-1980.

Bien sûr, la grille de lecture Est-Ouest durant la guerre froide avait sa pertinence. Les Etats-Unis comme l’URSS défendaient leurs intérêts de grandes puissances, mais la vie politique de chaque pays ne se réduisait pas à un échiquier où s’affrontaient la Maison Blanche et le Kremlin, la première soutenant sans remords les dictatures latino-américaines, le second intervenant en Hongrie ou en Tchécoslovaquie. Ce simplisme amenait à sous-estimer à la fois les réalités nationales, autrement plus complexes et bien d’autres défis lancés à l’humanité : la détérioration de l’environnement, la pauvreté chronique et l’extension de nouvelles maladies, notamment le sida. Le monde est finalement sorti de la guerre froide, les Etats-Unis ont gagné, les défis demeurent. Les causes d’instabilité aussi.

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