"Bonjour, Je viens de voir ce soir 23 11 envoyé spécial sur france 2. Terrifiant que dans un pays comme la France des étudiantes soit obliger de se prostituer pour pouvoir vivre et suivre des études. Que proposez vous pour tenter de remedier à ceci ?" H. M.
Monsieur,
Votre message nous a interpellés au plus haut point. Les Jeunes Socialistes pour la Rénovation (JSR) se positionnent d’une manière affirmée sur cette douloureuse question.
Conséquence de la paupérisation des étudiants, mais aussi d’une vision de plus en plus consumériste de la société, le phénomène de « prostitution étudiante » passe largement au travers de l’action des services sociaux ou universitaires. Aucune étude sérieuse n’a été menée sur le sujet. Seul le syndicat SUD-Étudiant ose avancer un chiffre. Selon lui, 40 000 étudiants se prostitueraient, des filles à une écrasante majorité, soit près d’un étudiant sur 57.
Les causes de la prostitution sont en général celles d’une double exploitation : celle de l’homme sur la femme et celle du puissant sur le faible. La prostitution n’est pas une fatalité, c’est un fléau qu’il nous faut absolument combattre par tous les moyens selon les principes de liberté et d’égalité qui nous animent.
C’est une étude de la très sérieuse Kingston University, dans le sud-ouest de Londres qui nous permet de prendre conscience que de plus en plus d’étudiantes se prostituent ou travaillent dans l’industrie du sexe pour payer les frais d’inscription de leur université. Selon le sondage réalisé auprès de 130 étudiants, une personne sur dix déclare connaître des étudiantes qui travaillent dans des clubs de strip-tease, des salons de massage ou des agences d’escorte. Quelques 6 % ont de plus admis connaître une étudiante se prostituant. Un chiffre en hausse de 50 % depuis 2000. Selon les promoteurs de cette étude, l’argent serait leur motivation principale alors que les frais d’inscription dans les universités britanniques ont triplé depuis 1998 pour atteindre 4 500 euros en moyenne.
Le phénomène serait également très répandu au Japon, pays où le coût des études se révèle être l’un des plus élevés du monde, mais aussi en Europe de l’Est. En Pologne, la presse a tiré la sonnette d’alarme devant la recrudescence des activités de « sponsoring. »
Loin d’épargner la France, le phénomène s’en est trouvé accentué par les directives de M. Nicolas Sarkozy. Si le « racolage » est aujourd’hui sévèrement puni, il n’a eu pour conséquence principale que de déplacer les zones de prostitution vers la périphérie des villes, dans des lieux de passage ou de transit, à l’abri des regards bien-pensants et des autorités, alors que la majorité des subventions accordées aux associations de réinsertion sociale ou d’accompagnement des prostituées ont été en même temps supprimées.
Les solutions existent cependant. Il est inadmissible qu’un étudiant sur trois en France se situe sous le seuil de pauvreté. En marge du phénomène particulier qu’est l’activité de prostitution, les étudiants se trouvent obligés de travailler pour financer leurs études.
Le Parti socialiste a depuis longtemps attiré l’attention sur cette paupérisation des étudiants. La proposition faite en 2002 par le gouvernement Jospin de pourvoir chaque étudiant d’une Allocation autonomie en plus d’une augmentation des bourses sur critères sociaux a vite été enterrée par la Droite alors au pouvoir.
Le projet socialiste reprend ce point avec sérieux et propose concrètement le lancement du programme d’entrée dans la vie active (EVA) reposant sur une allocation autonomie dans le cadre des études et d’une recherche d’emploi. De même je vous rappelle les propos de Mme Ségolène Royal insistant sur la rémunération des stagiaires et la réglementation de leur encadrement. En plus d’une suppression de toutes les mesures cadres des gouvernements Raffarin - Villepin (CNE notamment) qui aggravent la pauvreté et maintiennent dans un état de dépendance les jeunes en formation ou en passe d’entrer dans la vie active.
Vous vous rendez bien compte que le problème épineux de la prostitution dans le milieu étudiant est un terrible indicateur marquant une paupérisation, une descente dans la misère des plus fragiles de notre société auxquels appartiennent les étudiants dans leur majorité. Pour le traiter nous réaffirmons que l’essentiel est d’assurer pour tous les jeunes de notre pays le socle d’une formation d’excellence couplé aux plus élémentaires garanties sociales et financières.
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